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mardi 5 novembre 2019

ÉTUDE CHAIRE RESET : Déploiement du compteur communiquant Linky en Nouvelle-Aquitaine




Cette étude de la chaire RESET de l’université de Bordeaux datée de janvier 2019 se situe dans le cadre de la recherche en sciences humaines et sociales, notamment ici dans la dimension sociétale de l’énergie. Donc absolument sans parti-pris ni inclinaison autre qu’une ouverture sur les nouveaux domaines de décision.

Il s’agit d’un regard neutre et factuel sur le déploiement des compteurs Linky et la participation du peuple sur cette question. Enfin, le rôle et la position des anti-Linky est abordée en détail, et pas uniquement la propagande d’Enedis et de l’Etat. C’est très agréable à lire ! Unique comme étude et très valorisante pour les opposants de l’ingérence de l’Etat dans les foyers français par le biais de l’électricité.

L’étude reconnait qu’il s’agit d’un phénomène surprenant par son ampleur, sa durée et la ténacité des opposants. Depuis 2009, 8400 articles de journaux ont abordés le sujet Linky, soit 4 à 5 articles par jour ! Du jamais vu ! (p. 12). La presse aborde 6 thèmes principaux :
  •  Procédures judiciaires
  •   Tensions/conflits avec certaines communes
  •   Incidents supposés liés à la pose du compteur
  •   Informations générales sur le compteur communicant
  •   Sur la place du compteur communicant dans le développement de
    l’autoconsommation
  •   Critiques et craintes vis-à-vis du compteur 

On mentionne Stéphane Lhomme mais sans insister sur son rôle qualifié de militant professionnel (ce qui est le cas, P. 11); on souligne le lien de soutien entre les organismes nationaux comme Robin des toits et PRIARTEM et les collectifs locaux, leur donnant une certaine crédibilité (p. 17).

Nous concernant directement, l’étude couvre l’historique du collectif CCC24 à partir de son blog (p. 16 à 18) dans un chapitre nous étant dédié (Analyse de cas: le développement d’une controverse bien localisée en Dordogne). Très factuel et juste. Daniel Coutant y est cité pour l’article du 28 février 2016. On passe en revue nos actions (articles, réunions publiques, lettres types, documents d’information, délibération communale, DVD, guides etc.). On note notre effort de rejoindre les personnes isolées n’ayant pas accès à internet ni aux réseaux sociaux. Je cite (p. 18):
Les collectifs constituent ainsi un maillon central de la controverse car ils s’inscrivent à la fois dans une concertation nationale de la lutte envers les compteurs tout en ancrant leurs actions à l’échelle très locale. Ils sont pilotés par des acteurs locaux, des citoyens qui ne jouent pas le rôle d’expert mais qui tendent à agréger et transmettre toute l’expertise tournant autour des compteurs Linky, des sources qui abondent dans le sens des collectifs. Ils jouent le rôle d’intermédiaire dans bien des cas, notamment entre particuliers et élus. 
L’étude analyse aussi en détail le travail du collectif 47 de Villeneuve, celui qui participe avec nous depuis 2 ans au recours contre Enedis et que je suis allé rencontrer plusieurs fois dans le L-et-G.

On souligne notre travail auprès des élus locaux  (Plazac, p. 27), les maires (p. 30), les conseils municipaux et la question des délibérations communales anti-Linky (p. 19-20) : «
il soulève des questions plus globales concernant l’application de la démocratie et celle du rôle du service public en France, que ce soit à travers le place d’Enedis,.
entreprise assimilée au service public de la distribution d’électricité ou celui des autorités locales, élus de mairie, au communauté de communes, au département...» 

On passe en revue les communes anti Linky du 47 (16 à l’époque de l’étude) et celles du 24 (14, Plazac y est bien sûr mentionnée) (p. 20). On donne aussi la parole aux élus et à leur douzaine de motivations principales (P.21).

Les points d’opposition suivants sont traités :
L’enjeu de l’agrégation des données(p. 24)
La territorialisation de la controverse(p. 25) et on reconnait notre succès de communication et stratégie ici à rejoindre les populations locales
La controverse Linky comme enjeux de représentations et d’incompréhensions mutuelles(p. 28)
et 
Perspective : ce que nous retenons pour l’avenir(p. 29) où l’on critique, d’une façon indirecte, les défaillances dans la stratégie d’Enedis à ne pas reproduire dans le futur :
Echanges avec les élus et information/médiation sur le compteur Linky et son déploiement(p.30)
La prise en compte de l’élément générationnel en milieu rural (p.31) notamment l’âge (3e et 4e âges de la population réticente aux nouvelles technologies intrusives) et la vétusté des installations électriques des foyers (80 % construits avant 1970) incompatible avec ces nouvelles technologies.

On conclue (p. 32) :
Les manifestations régulières sur la place du marché du collectif «Stop-Linky 47» ont fortement marqué les esprits en termes de diffusion de l’information, de visibilité du collectif et de poids dans la construction locale des représentations sur le compteur. On remarque que ces groupes sont à la fois mobiles et particulièrement convaincants par les régimes de justification employés. La configuration urbaine, en « bastide », d’un certain nombre de bourgs en Dordogne et en Lot-et-Garonne favorise amplement cette dynamique d’échange et par la même l’investissement de la sphère public par les différents collectifs opposés au nouveau compteur. 
Analyse surtout de la stratégie de communication dans le domaine du déploiement des compteurs Linky, l’étude souligne l’excellent travail accompli sur le terrain par la résistance (nous) et la défaillance de l’approche nationale - principalement urbaine - d’Enedis, ayant largement sous-estimée le pouvoir d’intervention et d’organisation du peuple. Pour moi, cette étude est une célébration de notre travail et un booster bienvenu !

A lire, conserver et diffuser largement !

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